Un essai collectif des LVBiens qui combine nos différentes visions et interprétations des pyramides et des architectures visibles depuis le passage Richelieu, au Louvre.


Le passage Richelieu


Un navire, la grande voile hissée, et bombée par la tempête, les deux mâts qui la soutiennent sont si larges et si hauts qu’ils prennent tout aussi bien le vent. Au premier plan, l’immense bloc de glace, se dressant face au navire, n’est que la partie immergée de l’iceberg. Il semble incassable, comme si la structure des molécules d’eau qui le composent pouvait alterner entre état liquide et solide instantanément. D’ailleurs il semble avancer, aussi vite que l’éclair rouge qui se reflète sur lui. En longeant lentement du regard cette ligne de lumière, on peut lire un sens caché ; la vie, brêve, intense, arbitraire, ondulatoire, venant de forces incontrôlables. Mais l’impact imminent nous ramène au bloc de glace. Il semble s’aiguiser, sa pointe est si aiguë, sa couverture si brillante, et l’action si violente, qu’il fait maintenant penser au fer d’une flèche. Face à l’attaque, le navire paraît moins solide, prêt à sombrer, à plonger, comme une énorme baleine, expulsant son dernier geyser.

La dernière impression, fut comme le premier mot de la synthèse de cette vision :

L’amas de glace, se dénature, se modifie, se futurise, et ressemble maintenant à un vaisseau, construit des mains de l’Homme, écrasant le vieux navire, si robuste mais trop lent, trop passé.


Chronique rédigée par Robin Cabaret


Article : Julie Mestre / Dessin : Maële Moreau